Le récent fiasco du festival Bayonnais Kulture Sport, dont tout le monde parle aujourd’hui, est l’occasion de revenir sur le réel problème de l’Agglomération Côte Basque Adour : la guerre des clochers entre Bayonne, Biarritz et Anglet.

Les trois villes ont en effet chacune pour objectif de créer LE festival ou LE lieu culturel leurs conférant une renommée nationale, voire internationale.

Il est vrai que la culture est un excellent levier économique, à l’image de Bilbao et son Guggenheim ou Cannes et son festival. La Côte basque aurait tout à fait les ressources tant culturelles, que naturelles, humaines et économiques pour créer une dynamique autour d’un beau projet culturel.

Cependant, ceci serait possible SI et seulement SI, les villes travaillaient ensemble dans un objectif commun qui serait autre que de financer le “projet du copain”.

Au lieu de cela, Biarritz inaugurait le 25 juin 2011 sa Cité de l’Océan, amputé de son “et du surf”, pas assez bankable... Quatre ans après, c’est confirmé, les 41 millions d’euros investis par la ville n’ont apparemment pas suffit pour attirer du public dans cette immense coquille vide, excentrée, essayant de décrire l’océan alors que l’on peut le voir “pour de vrai” quelques mètres plus loin.
Il faut noter que cette réalisation s’est faite au détriment de projets déjà existants, comme le MIACS (Marché International dédié à l’Art et à la Culture Surf). Mené par un passionné, Gérard Decoster, ayant compris en quoi Biarritz pouvait rayonner mondialement, ce projet n’existe aujourd’hui plus ; manque de financement…

[caption id="attachment_3324" align="aligncenter" width="600"]Vue d'ensemble du MIACS 2014 Vue d'ensemble du MIACS 2014[/caption]

À Bayonne, devons-nous citer la triste disparition du festival des Translatines, ou des Rencontres Improbables ? Ce dernier, anciennement organisé par la Cie Lézards Qui Bougent avait été laissé en gestion à la ville, qui a préféré ne pas donner suite au projet.
Tout cela au profit des Ethiopiques, festival dont personne n’a compris le programme, et où même les structures participantes n’étaient pas au courant de ce qu’il s’y passait. Spacejunk ne savait par exemple pas si les manifestations se tenant chez eux étaient payantes, ou non, où il fallait se renseigner ?

Et que dire de kulture Sport ? Pour un coût total de 500 000 euros, dont 60 000 provenant de la ville !
Tout d’abord, une programmation à 90% vide de sens, ne proposant littéralement que de la “poudre aux yeux”. La soirée d’ouverture s’est résumé en un enchainement de teasings cinéma, de parlotte entre présentateurs, d’une brève apparition de “stars”, d’un feu d’artifice et de l’annulation du concert de The Shoes pour des raisons plus que douteuses (la pluie) ; TA DAM !
Avec une affiche aux couleurs de l’Aviron Bayonnais, l’événement bayonnais n’est-il pas encore trop centré sur son rugby chéri ?

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Enfin, il y a Anglet et sa biennale d’art contemporain, qui tire finalement bien son épingle du jeu ! Peut-être car la ville n’est pas engouffrée dans l’ancestral duel Bayonne/Biarritz ? Ou bien car la mairie met un réel effort qualitatif dans sa programmation et ne reste pas empêtrée dans la culture basque, faite par les Basques, pour les Basques ?

[caption id="attachment_3321" align="aligncenter" width="600"]anglet "Una misteriose bola", Antoine Dorotte Parc écologique Izadia, Anglet[/caption]

Nous ne sommes certainement pas les seuls, chez REGULART MAG, à rêver d’une alliance seine entre les trois villes, pour la création d’un événement ou la reprise d’un lieu culturel cohérent, ayant l’ambition de la qualité  !
Enfin, peut-être, nous pourrions prétendre et profiter du statut d'une grande métropole Européenne, ce dont nous avons tout à fait les moyens.

 

 

Par Audrey Mari pour REGULART MAG