Comme nous vous l’avions annoncé, le projet “Dix Deux” mené par Noémie, Alain et Damien est enfin sorti. Nous nous sommes rendus à la soirée de lancement sur Paris ,organisée à la Surferie.

Nous avons enfin découvert 10.2 qui est un surf avec un sacré volume. Nous avons aussi rencontré Noémie et Alain, les auteurs, et Damien le shaper de ce beau jouet pour adultes. Ils nous en disent un peu plus sur ce projet et ce livre.

 



DIX-DEUX- UN CADAVRE EXQUIS from Regulart Mag on Vimeo.

Vous ne les connaissez peut-être pas encore, alors on va les laisser se présenter.

Bonjour Noémie, bonjour Alain. Mais qui êtes-vous ?

Noémie : Je suis journaliste et photographe. J’ai créé mon agence dédiée au Brand Content il y a quatre ans et j’aime avoir des projets perso à côté comme Dix-Deux bien sûr, ou mon blog Trendy Mood. Je vis à Paris depuis un peu plus de dix ans, mais je suis Charentaise et très attachée à ces racines. J’aime le surf évidemment, et je fais aussi de l’escalade et du cyclo-cross.

Alain : Je suis designer graphique indépendant à Paris. Il est important de préciser à Paris car c’est « à cause » de ce facteur que nous nous retrouvons très souvent outdoor avec Noémie ! C’est d’une certaine façon un moyen de rester connecté avec la nature, de toujours revenir à un essentiel qui alimente mon travail. Se retrouver seul au line-up est une très bonne thérapie pour revenir gonflé d’idées et d’aider au processus créatif. Ça me rappelle que nous ne sommes rien et que ce que nous faisons, il faut donc le faire bien.



Vous vivez tous les deux à Paris, Damien est shaper à Hossegor. Comment un tel projet a- t-il pu voir le jour ? Racontez-nous les prémices de cette belle aventure humaine et comment vous avez réussi à le mettre dans nos mains. La campagne Kikstarter etc

Noémie : au départ, je connais Julie. On a travaillé ensemble il y a longtemps. Il y a trois ans, nous avions un projet de film avec Alain, sur l’artisanat. On a donc filmé Damien, et on est devenu amis.

Alain : Avec Damien, tout se fait vite, sur une discussion. Ce qui me plaît dans nos aventures communes, c’est la ligne droite entre idée > exécution. On se parle autour d’un diner, dans l’eau, sur la route. Si on a une idée, on met en commun nos savoir-faire pour proposer un point de vue collectif. Et il y a la question de la confiance. Chipiron est doué et on lui fait confiance. C’est réciproque et au bout du compte, chacun re-découvre le projet. Par exemple, Damien nous a dit « OK, je vous fais une planche ». Quelques semaines plus tard, on ne s’attendait pas à devoir transporter pendant des mois un tronc !

Noémie : Pour revenir au projet, c’est Alain et Damien qui ont eu l’idée à Barcelone au Surf City Festival. Ils ont voulu fédérer et faire découvrir des régions, des cultures, des gens, autour d’un objet commun. D’où l’idée du cadavre exquis. Ensuite on a été faire les interviews et les photos sur plusieurs mois. Alain a créé la maquette, moi les textes. Puis on a lancé ce Kickstarter pour financer l’impression. C’est très valorisant de voir que de nombreuses personnes adhèrent au projet et surtout rassurant de savoir que le livre est vendu.



 

Ce qui ressort au fil des pages, c’est cette passion du surf et de l’océan. Toutes les rencontres que vous avez pu faire sont assez incroyables ! Des passionnés. Comment ont-ils reçu le projet et surtout 10.2 ?

Noémie : Ils ont tous été impressionnés quand on leur amenait le surf. Et forcément, ils avaient envie de le tester.

Alain : C’est viscéral je crois. Quand tu mets dans les mains d’un surfeur un shape hors du commun, tu as envie de l’essayer. Du coup, le projet a toujours été accueilli avec amitié.

C’était d’ailleurs le point de départ de l’aventure : avoir un prétexte pour aller voir les gens chez eux. Entrer par la porte d’un objet en commun pour accéder à leur univers. Même encore pendant les expositions en cours, les gens veulent essayer Dix-Deux !



Nous avons été agréablement surpris de voir que vous ne parliez pas uniquement des régions les plus connues du surf en France : Les Landes et le Pays Basque. L’île d’Oléron a également une part importante dans ce livre. On y découvre une autre façon de surfer, peut-être plus en phase avec la nature. Qu’est-ce-qui vous a amenés dans cette région ?

Noémie : J’y vais depuis que je suis enfant, c’est à côté de chez moi. Quand on a commencé à surfer avec Alain, on a très vite été à Oléron car c’était pratique. Et on s’est rendu compte que l’esprit était clairement différent. On s’y sent chez nous, ça joue beaucoup je crois. Honnêtement je ne devrais pas du tout en parler pour que l’on conserve cette petite communauté très cool là-bas !

Oléron est une île, Rudy, Steven et Volo en parlent dans le livre, il y a une manière de vivre assez spéciale, inexplicable. Ils ont à cœur de préserver leur terre, mangée par l’Océan – presque à vue d’œil. C’est drôle que tu aies ce ressenti avec Oléron car l’île n’est pas plus mise en avant que les Landes ou le Pays Basque.

Pour ce qui est du surf, pendant longtemps, ça a été méconnu, donc il n’y a pas cet esprit de compétition.

Alain : Il y a aussi le fait que nous ne sommes pas grégaires d’une manière générale. Tous les deux indépendants, pratiquant des sports de façon indépendante comme l’escalade… Nous préférons aller chercher la petite vague modeste que le gros spot viril.

Ensuite, les personnalités du livre ont toutes leur rapport à la nature et à leur région. Ce qui nous a plu dans cette aventure, c’est que les gens nous confient leurs endroits, leurs histoires et « patrimoines ». Une vague qui change, qui génère une façon de vivre, une gastronomie, un climat… C’était un moment spécial lorsque nous disions : « alors, on va où ? ». Et observer les gens chercher l’endroit qui leur est spécialement précieux. Et souvent, c’était en accord avec une histoire, une copine, un souvenir, une préférence de puissance de vague, et donc directement lié à l’intime. Je crois aussi que la taille de la planche a joué : un gros log ne pousse pas la testostérone et cela nous allait bien il me semble. Maintenant que je dis ça, Damien va nous faire un gun pour le prochain…



Les personnes que vous avez rencontrées abordent le surf avec une certaine humilité. Tout est histoire de rencontre, de moment présent en communion avec la nature et avec ses amis.Nous sommes assez loin de ce qu’on peut lire dans les magazines “classiques”. Est-ce une volonté de nous présenter une autre vision du surf, peut-être plus représentative pour une majorité de surfers ?

Noémie : On ne fait pas partie de la « communauté » surf. Personnellement, je ne suis pas les compétitions (et je ne lis pas non plus les magazines), ce qui m’importe, c’est d’être à l’eau avec mes amis. Tu as raison de le souligner, je crois que c’est la même chose pour beaucoup de monde. Nous avons ça en commun avec Damien et Julie, et la « famille » qui gravite autour de Chipiron.

Alain : C’est juste oui. C’est sûrement parce que le surf s’inscrit chez les protagonistes comme un mode de vie harmonieux. Damien, Volo, Cornélius chargent du gros, ils envoient quand il faut. Mais ils contrebalancent la performance avec une bienveillance et un partage certain. Il me semble que cela rejoint ta question précédente : le non-groupe. L’humilité tient aussi du fait que bien souvent, c’est une recherche personnelle que l’on a trouvée, plus qu’une volonté de s’inscrire dans une communauté. Du coup, ces électrons libres n’ont rien à prouver mais plus à partager.

Tu n’imagines pas les digressions qu’il y a eu entre la première rencontre et la fidélité de tous ensuite.

Noémie : On n’a pas spécialement voulu des portraits de surfeurs-compétiteurs. Au final, ils en ont tous fait, pratiquement. Mais ce n’est pas ce qui les caractérise. Steven par exemple a un style de dingue, il est très beau à regarder surfer. Cornelius aussi, c’est un jeune homme brillant et c’est génial de discuter avec lui. Volo est une figure d’Oléron, il a plein de choses à raconter sur l’île. Julie elle, surfe pour le fun et le revendique… En fait, tous sont très différents. Quand on leur demandait pourquoi ils surfaient, pas un ne nous a répondu la même chose. C’est aussi ce qui est intéressant.

 

Le kickstarter de votre projet étant fini où pouvons-nous trouver le livre Dix Deux ?

Noémie : Nous en avons beaucoup prévendus via le financement participatif. D’autres sont partis pendant la tournée d’exposition. Maintenant, il est disponible sur le site de Chipiron. On est encore en train de discuter pour le mettre dans certains shops.



Avez-vous de nouveaux projets en tête ou déjà en cours ?

Noémie : On a évidemment envie d’un deuxième opus. On aimerait partir à l’étranger, rencontrer une communauté de surfeurs un peu hors du commun, dans des eaux froides par exemple…

Alain : Regulart sera le premier informé !

Chez Regulart, on a hâte de voir la suite. On vous tiens au courant et en exclusivité !