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Picture Wetsuit

Eloge à la curiosité

Aujourd’hui pour Regulart magazine , je vous propose un article plus personnel et engagé . Il y a deux mois , la marque française Picture organic Clothing m’a proposé de tester leur gamme ecoprène pour l’été . Par curiosité , j’ai immédiatement accepté . A l heure de l’anthropocène , chaque geste du quotidien comptera pour diminuer son impact écologique notamment en tant que surfeuse .

Avant de commencer, un petit rappel historique sur nos combinaisons ! Qu’est ce que le néoprène classique?

Le Néoprène, appelé d’abord Duprène est le nom de marque sous lequel la compagnie Du Pont de Nemours introduit dans l’industrie du caoutchouc en 1931 une famille de caoutchouc à base de polychloroprène. C’est le premier caoutchouc synthétique. Le latex de Néoprène (famille d’émulsions aqueuses de chloroprène) fit son apparition en 1934.

La mousse de néoprène est obtenue par introduction d’un gaz comme l’azote dans le matériau sous forme de bulles microscopiques, ouvertes (open-cell) ou fermées (closed-cell)6. Garantissant une bonne résistance thermique, elle est très utilisée dans la fabrication des combinaisons pour le surf ou la plongée sous-marine, même si elle n’est pas imperméable à 100%.

Au début des années 1950, Jack O’Neill détourne les combinaisons de plongée en néoprène et les expérimente en surfant dans les eaux froides de la Californie. Les premières combinaisons abordées d’ailleurs le slogan « IT’S ALWAYS SUMMER ON THE INSIDE ».

Le néoprène est une matière non-renouvelable dérivée du pétrole, dont la fabrication requiert énormément d’énergie. Pour fabriquer ce matériel très résistant et qui préserve la chaleur, il faut soumettre le caoutchouc à un processus de vulcanisation. Cette opération rend notamment le matériau plus élastique, mais nécessite des matériaux toxiques et émet beaucoup de CO2 dans l’atmosphère. En plus, le néoprène est très difficilement recyclable.

Aussi en 2008 , yulex et Patagonia ont utilisé du caoutchouc naturel à base d’hevea . Mais celles-ci ont un coût très élevé et il faut absolument vérifier si la plantation est certifiée pour avoir un bon bilan carbone (70 à 80 % de moins ) et ne pas nuire à la biodiversité .

Si cela vous intéresse nous écriront prochainement un article sur tous les néoprènes biosourcés qui existent.

Le compromis en gamme de prix proposé par la marque Picture Organic clothing est un mélange depuis 2019 de dégradation du calcaire à 70% et de recyclage de pneus à 30% avec des colles à l’eau et des doublures recyclées .cette société est annuellement à la recherche de certifications et d’améliorations environnementales et humaines (créant même sa propre machine pour recycler à court terme son plastique ).

L’adage « réutiliser , réduire , réparer, recycler « est devenu son leitmotiv.

Je ne peux qu’adhérer à leur démarche en tant que pratiquante assidue quasi quotidiennement à l’eau et connaissant toutes les contraintes que cela implique. De la même façon, je pourrai à l’avenir m’orienter vers le recyclage de mon matériel ou sa réparation avec Neocombine , Néomind écologie ou Resurf .

Après 3 mois intensifs je peux enfin dire que cette combinaisons tiens ses promesses ! C’est une combi avec de belles finitions, chaude, ne bouge pas et tiens bien les fesses 😉

Un autre détail de cette collection d’été est l’imprimé terrazzo pour le moins original dans notre domaine surfwear féminin. Ce dernier décrit par les archéologues au Neolithique en Asie puis dans l’Antiquité en Italie  a connu plusieurs revivals et un sursaut de hype chez le classique  Hermes ou la maison pointue Kitsune .

Le terrazzo est un revêtement de sol composé de fragments de pierres naturelles, de marbre coloré et de ciment, le tout poli. Il remonte à l’Antiquité et tire son nom d’une commune italienne de la province de Vérone. Picture clothing réalise un jolie clin d’oeil avec cette nouvelle combinaison faite à base de calcaire.

Ceci rappelle comme le cite le cosmologiste Jean Philippe Uzan que « l’art et la science ont en commun de questionner le monde en rendant visible l’invisible « .

De grandes institutions telles l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs et l’ecole Polytechnique ont bien trouvé le terrain d’entente entre sciences et arts , pourquoi pas nous simples consommateurs ?

Par curiosité artistique , trouvez la forme d’expression qui vous convient ; ou scientifique avec toutes les formes de vulgarisation scientifique comme la revue Nature , les conférences Ted x ou les épisodes Dirty Biology de Leo Grasset  et le vortex d’Arte par exemple . 

Nous pouvons faire d’un objet du quotidien une source de réflexion pour toute une société et un espoir de nous amener vers une ère géologique plus heureuse .

A consulter également pour mieux s’informer : le blog Green Session , Le Réveilleur et Vulgariscience , le magazine beaux arts  » Art et science en symbiose « , , scilabus , le site du CNRS , les 17 objectifs de Développement durable de l’Onu … pour les longues soirées d’hiver avec quelques degrés supplémentaires …

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