Elle est jeune, elle est pétillante, elle est douée : la surfeuse professionnelle Victoria Vergara lance aujourd'hui une cagnotte afin de réunir l'argent pour participer à l'étape Chinoise d'Hainan du Championnat du monde de Longboard. L'occasion pour REGULART de poser quelques questions à la jolie réunionnaise. Rencontre.



Crédit Photo : Guillaume Arrieta
Crédit Photo : Guillaume Arrieta

Question Sport : Quels sont les enjeux pour toi dans cette compétition en Chine ?


Je n’ai rien à perdre et tout à gagner. C’est la deuxième fois seulement que je vais participer à ces mondiaux. J’ai été invitée l’année dernière, ça m’a permis de faire mes premiers pas dans ce monde. Aujourd’hui j’y retourne avec une expérience dans la compétition plus solide, j’ai fais dans l’ensemble une bonne saison, je me sens prête.


Quelles sont tes envies ? Tes craintes ?


En étant une compétitrice, mon envie est de gagner. Je sais ce que je dois faire et ne pas faire,. Je vais prendre les séries les unes après les autres et aller le plus loin possible. Bien sûr c’est une grosse compétition donc le stress sera présent mais je vais essayer de me faire plaisir, tout donner et ne surtout pas sortir de l’eau avec des regrets.


Suis-tu un entrainement spécifique ?


Surf, Surf, Surf tous les jours quelque soit les conditions et du Yoga Bikram.


Question Business : Tu lances une petite cagnotte pour t’aider à aller à cette étape ASP. Comment as-tu eu cette idée ?


Une amie a moi avait lancé une cagnotte pour un cadeau d’anniversaire d’un copain et en fouillant sur le site qu’elle a utilisé, j’ai découvert qu’on pouvait créer des cagnottes pour beaucoup de cause alors je me suis dis pourquoi pas.. Je commence à avoir un bon nombre de followers, plus de 20Ksur Instagram et plus de 6K sur Facebook, alors je me suis dis que si chaque personne voulait mettre un euro symbolique j’aurais de quoi financer ce voyage.


On se souvient que Yoan Florentin (bodyboardeur réunionnais) avez aussi fait une levée de fond pour se rendre à une compétition il y a quelques années, est-ce une démarche qui se démocratise dans le milieu ?


Je ne savais pas que Yoan avait fait ça également.. Une démarche qui se démocratise de plus en plus oui, car la crise dans le milieu du surf est bien présente. Les surfeurs sont une grande famille, donc je pense qu’on essaye de s’aider comme on peut entre nous aussi.


On peut imaginer que le surf qui est un sport très communautaire se mobilise pour aider ses champions. Tu es confiante pour atteindre ton objectif ?


J’espère vraiment y arriver, ça serait génial. Ils n’y pas de petites sommes, toutes les aides sont les bienvenus, j’ai déjà quelques personnes qui se sont mobilisés dans cette cagnotte et ça me fait chaud au cœur. Il ne reste encore un peu de temps, donc je positive :-) et croise les doigts.


Il est certain qu’il est plus difficile de trouver des soutiens depuis la crise qu’à traversé le monde de la glisse mais selon toi est-ce que le longboard féminin en souffre davantage ?


Je pense que parmi toutes les disciplines, oui le longboard féminin est celle qui en a le plus souffert. Il y a de moins en moins de compétitions, comme le Roxy Jam à Biarritz qui était un événement mondialement connu, n’existe donc plus.. J’ai eu la chance de commencer les compétitions quand il en restait encore quelques unes et de m’être qualifiée sur le seul événement mondial.



Alix de Beer
Alix de Beer

Question REGULART : Nous on aime le « surf art », l’esprit de création autour de ce formidable univers car nous sommes convaincues que les gens qui surfent sont des artistes. Que penses-tu du rapport Art-création // surf ? 


Effectivement, j’aime beaucoup la photo et le dessin... Je pense que l’Art et le Surf se complètent. Je ne pourrais pas avoir autant d’imagination sans être tout le temps dans l’eau, sur mon longboard, pour dessiner ou même photographier, car la mer est ma principale muse. J’aime l’observer et m’en inspirer. Lorsque je surf, j’aimerai que mes yeux soient un appareil photo. L’océan permet de me ressourcer, le dessin me calme et la photographie me permet de m’expirer d’une autre façon que sur ma planche. Aujourd’hui l’art et le surf sont quelque chose qui font partie de moi.



Aquarel par Victoria
Buddha Creol Statue par Victoria

Question Carrière : Mannequinat / Surf : une préférence ou deux passions liées ?


Le surf est et restera toujours ma passion principale. Le mannequinat fait désormais partie de ma vie depuis 4 ans maintenant, c’est quelque chose que j’ai appris à aimer et il est vrai que j’aurais du mal aujourd’hui à me défaire de l’un ou de l’autre.


Est-ce-que dans l’avenir tu pourrais « délaisser » tes longboards pour les shootings ?


Je vais commencer à voyager dans des endroits un peu moins dédiés au surf pour les shootings, mais je ne pourrais jamais délaisser le longboard. J’en ai besoin, je n’aime pas être trop longtemps en ville et loin de l’océan. Je suis une fille des îles, de la mer et je ferais en sorte de retrouver ma planche le plus souvent possible.



Laurent Pujol
Laurent Pujol

Tu t’es montrée sous un jour très « fitness » dans le magazine SHAPE cet été (et c’est toujours super de voir nos surfeuses faire des couvertures de magazine !) est-ce que c’est quelque chose que tu pourrais développer ? Ce côté sport-yoga-bien être ?


J’ai toujours été très active dans la vie, même en dehors du surf, j’aime faire du sport comme du tennis ou de la danse et ça a été une super opportunité de passer ces quelques jours avec le magazine SHAPE. J’étais pas très fan du Yoga classique, mais j’ai découvert il y a peu le Yoga Bikram sur Hossegor et j’en suis tombée adepte. Je pense que le surf-yoga est l’accord parfait et qu’il est déjà beaucoup développé dans le monde aujourd’hui.


Quels sont tes projets pour l’année 2015 ?


Je dois me rendre sur NewYork en Janvier pour commencer mes premiers pas dans le vrai monde du mannequinat... Je pense également passer un peu de temps sur la cote ouest des Etats-Unis en Californie du Sud, vers Bali aussi et sortir d’avantage de vidéo de surf afin de faire partager d’avantage mes voyages.




[caption id="attachment_2904" align="aligncenter" width="640"]Damien Poullenot Damien Poullenot[/caption]

Question Sensible : Que penses-tu de la situation « requin » à la Réunion ?


Ça fait 2 ans maintenant que j’habite dans les Landes à cause du problème « requin ». Ma famille a préférée venir habiter en France afin de surfer sans le risque de perdre la vie… C’est une situation qui me touche et m’attriste énormément, je suis retournée l’année dernière sur la Réunion pour y passer les fêtes de fin d’année et je n’ai pas surfé. Ça m’a fait bizarre et beaucoup de peine de voir les littoraux vides, personne dans l’eau et que les jeunes n’ont plus la chance de connaître l’île comme j’ai connu.. C’est à dire du surf tous les jours avant ou après l’école, les mercredis, les week-ends. On y surf 363 jours 365. L’île de la Réunion a un réel potentiel pour former les surfeurs, les vagues et le climat sont parfaits. J’espère qu’une solution va être rapidement trouvée, car ce n’est pas que la communauté des surfeurs réunionnais qui en souffre, mais toute l’île.


Question Perso : Est-ce que c’est plus facile de s’entrainer et de gagner quand on est en couple avec un autre champion ?


 Tristan est la personne qui me motive le plus à m’entrainer. Je ne sais pas si c’est plus facile de gagner, ou de s’entrainer en étant en couple avec un autre champion, mais pour la motivation, c’est toujours plus facile de le faire à deux, surtout quand c’est dure. Il m’a beaucoup aidé lors des compétitions que j’ai pu avoir, il a plus d’expérience que moi dans ce domaine aussi et c’est génial de l’avoir à mes côtés dans ces moments là. Même si je ne l’écoute pas tout le temps... (rires) :-)




[caption id="attachment_2905" align="aligncenter" width="640"]Damien Poullenot Damien Poullenot[/caption]