STREET ART : STREET ARTISTS, GAGNEZ VOTRE VIE !

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Mr Brainwash (MBV)

Bien sûr, en apprenant que la cabine téléphonique de l’impénétrable street artiste Banksy s’est vendu aux enchères 550 000 dollars chez Sotheby’s, certains sautent au plafond. Les critiques fusent également lorsque l’on parle de certains artistes business-man, tel que Shepard Fairey (OBEY) ayant su créer leurs propres empires commerciaux autour de leurs images. Et enfin, on se demande tous pourquoi nous sommes là, dans cette jolie GALERIE, à admirer du STREET art ?

Ces réactions semblent naturelles si l’on se penche sur les racines de « l’art urbain contemporain ». La plupart des street artistes ont comme leitmotive commun la critique du « brainwashing » continuellement opéré par notre société capitaliste. Ce sont bien en effet ces jeunes délaissés des banlieues qui sont descendus en premier de leurs barres d’immeubles pour marquer la rue de leur malêtre et dénoncer cette « same old shit » (Basquiat). Le street art, comme son nom l’indique, est également une rébellion contre les galeries, les salles de vente aux enchères, les musées arriérés, afin de mieux exposer ses revendications, son talent, aux yeux de la foule, de la rue. L’art est ainsi désacralisé, accessible et loin des griffes des collectionneurs et spéculateurs. Se libérer de cette pression économique et s’attaquer au matériel que nous offre la rue, tel est le mot d’ordre.

En s’imprégnant de cet état d’esprit, il est alors logique de considérer tous les street artistes gagnants des milliers pour des hypocrites, des escrocs. Mais ce n’est pas mon avis.

À tous les street artistes ayant réussi à faire croire à tous ces millionnaires que leurs salons seraient bien plus élégants que celui du voisin avec une pièce de street art, je dis bravo, bien joué. Pourquoi avoir honte de son esprit business man ? Si l’on désacralise l’art, autant le faire jusqu’au bout. Depuis Duchamp et Warhol, le statut de l’oeuvre unique, mystique et sacrée n’existe plus. De plus, si l’on écoute Freud, le fait de donner à un objet un tel statut, de le considérer comme un « totem », est le signe d’une peur de l’absence de phallus…

Il est donc bien tant d’arrêter cette obsession autour de l’oeuvre sacrée, progéniture de l’artiste doté d’un pouvoir imaginatif surnaturel. Maintenant, on encourage les artistes à gagner leur vie grâce à leur art, on ne veut plus du mythe de l’artiste maudit à la Van Gogh.

Après avoir intégré cela, il nous suffit juste de savoir faire la différence entre un artiste ayant un réel talent, ayant su développer son propre style et les imposteurs, profitant de ce nouveau statut d’artiste capitaliste. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à affiner notre regard et compléter notre catalogue d’expériences artistiques, afin de faire vivre les artistes titillants notre sensibilité !

Cet article m’a été inspiré par le film Exit through the gift shop, réalisé par Banksy, portraiturant Mister Brainwash (MBW), « street artiste » grand business man mais dépourvu de tout talent…

Par Audrey Mari .

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