Voyage : nom masculin. Fait de partir loin du lieu où l'on vit.


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Départ au petit matin et en trois avions c’est parti pour près de vingts heures de vol, de transits, d’aéroports, de décollages, d’embarquements, de plateaux repas, de turbulences, de films sous-titrés, de siestes inconfortables, de fuseaux horaires en pagailles, de consignes lumineuses et d'atterrissages.


Gagnant quelques heures, nous arrivons sur le sol Californien fatigués mais très heureux. Ce voyage nous l’attendons depuis un an. Quelques peu perdus dans l’espace temps, nos corps ont faim la nuit et nos yeux nous piquent la journée. Qu’importe nous y sommes, enfin.


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Le voyage commence à travers les rues de San Diego. Nous découvrons, une ville au centre propre et moderne. Il faudra s’éloigner un peu pour commencer à trouver ce que j’étais venue personnellement chercher. Sunset Cliff sera pour moi un premier élément de satisfaction. La beauté du site, la simplicité des maisons, l’originalité des personnes... il me semble que je touche du doigt l’aspect de la Californie qui me plaît le plus...


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“Le bonheur voyage toujours à pied” mais c’est en avion que nous sommes arrivés à San Francisco. Au début, elle et moi on ne se comprenait pas. Populaire et branchée, je n’ai pas vu tout de suite en San Francisco ce que je souhaitais. Entre modernité et misère sociale, elle m’a paru prétentieuse et pleine de dédain. Forte des films, des livres et des témoignages d’amis qui l’avaient visitée avant moi, celle que l’on surnomme Frisco bénéficie d’une aura presque mystique et du coup, j’avais l’impression qu’on me forçait la main et que je devais absolument l’apprécier... Je l’ai donc arpentée à pied, en bus, en tramway en long, en large et en travers comme si j’étais en quête.



J’ai été charmée par la beauté de ses maisons, par les pentes et les montées vertigineuses qu’elle offrait. J’ai aimé son histoire, son authenticité, son architecture. J’ai adoré sa mixité culturelle et son ouverture d’esprit. J’ai été fascinée par la menace omniprésente de tremblement de terre. Son attachement à la faune et à la flore m’a épatée. Son majesteux pont rouge m’a fait tourner la tête. Je n’ai pas aimé son étalage de la pauvreté, je n’ai pas aimé sa connotation de fille de joie un peu perdue. Je n’ai pas aimé le côté volage que certains lui prêtent un peu trop. Alors, je me suis imprégnée de tout ça et comme pour une recette longue et complexe, j’ai laissé reposer le temps que les ingrédients prennent...


Bizarrement, c’est en la quittant que je l’ai comprise et c’est là et que j’ai commencé à l’aimer. Et puisque le coeur a ses raisons que la raison ignore, j’ai continué à beaucoup penser à elle une fois revenue en France. Un peu comme quand on a été marqué par un bon film, un bon livre, ou une personne et que cela ne quitte plus votre esprit...


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C’est au volant d’une voiture de location que nous avons quitté San Francisco assez tôt lors d’un frais matin. Le Big Sur & la route 101 nous tendaient les bras.


Premier arrêt sur une falaise, nous descendons à pied pour trouver une petite plage de sable fin légèrement chaud. Un surfeur prend des vagues et la plage, aux pieds de ses falaises vertes, semble vierge. Le décor est superbe.


Les miles passent et je m'émerveille. Parfois nous roulons au milieu d’une dense végétation, parfois nous sommes au plus près de l’océan pacifique. Mon regard reste fixé côté fenêtre. Santa Cruz, Monterey sont les premières villes que nous visitons. Superbes, j’ai l’impression d’être chez moi.


Retrouvez la suite du voyage dans la version papier "test" de REGULART ou en nous contactant : d.harivongs@gmail.com


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