CLIMBING PARISII · L’exposition Solo de Rom av.JC à Paris

Clairement, cette exposition nous a tout de suite intrigués. Nous ne pouvions pas passer à côté, d‘autant plus que Romain était là pour le lancement. Ce qui est bien quand on écrit des articles, c’est qu’on a le droit d’être curieux sans que ce soit un vilain défaut, alors nous ne nous en sommes pas privés !

Question time ! 

Romain, cette question me trotte dans la tête depuis le début et je suis ravi de pouvoir te la poser ici. Comment est née cette idée de skate amphore ? 

Cela m’est venu il y a un petit moment. Mon processus avant de me lancer a pris beaucoup, beaucoup de temps. En gros, je suis un très gros fan de l’illustrateur de Singapour Mister Tucks. C’est un illustrateur qui fait des estampes japonaises et tout son univers tourne autour du skate. Donc en fait, c’est comme si le skate avait existé à l’époque féodale japonaise. Je suis tellement fan que j’ai fait tatouage basé sur un de ses squelettes qui fait un no comply !

http://www.instagram.com/mister_tucks/?hl=fr

Et à un moment donné, je me suis dit que ce serait marrant d’explorer ça, mais plus sur la partie romaine. Je me disais que si ça existait à l’époque féodale japonaise ça pourrait exister aussi à l’époque antique romaine.

Et j’ai mis, entre ce début d’idée et la première jarre entre quatre et cinq ans. 

J’avais pris des notes sur des idées comme ça, plus ou moins en vrac et j’ai commencé à travailler sur deux premières œuvres pour l’European Custom Board 2019

Le truc était de se débloquer et de sortir les premières pièces. Tu te dis ok, là , ça m’inspire plein de formes, plein d’idées. Et je me dis une fois lancé “pourquoi j’ai mis autant de temps à y aller ! “ 

Petit point d’histoire !

Il existe deux techniques de céramique pour les amphores : la céramique à figures noires et la céramique à figures rouges. La première fut abandonnée au profit de la seconde car elle permettait de rajouter plus de détails, notamment au pinceau. 

Les recherches que tu as faites ont dû guider ta réflexion. Choix des motifs, forme des amphores etc … dis nous tout ! Tu as dû trouver des” trucs” super intéressants là-dessus ! 


En fait, au début, je voulais absolument créer à partir d’une seule board, chercher un shape propre et le créer de manière à ce que l’on lise une amphore sans pour autant ne plus reconnaître le format du skate.

Après, je me suis rendu compte de toute la richesse, de la partie no limit des formes d’amphore. J’ai des illustrations où il y a plus de 30 formes différentes. Il y a des formes dans tous les sens ! J’ai vraiment découvert cet univers là.  

Et en suite , je me suis dis :  “on s’en fout que ça marche que sur une seule board, autant s’amuser en assemblant plusieurs boards”. Au début, je pensais faire ça avec des boards neuves.
Puis finalement à un moment donné, je me suis retrouvé avec plein de boards cassées à disposition. C’est un des trucs qui m’a fait partir dans cette voie-là, je me suis dit à ce moment là « tiens, si je les découpais et que je leur donnais une nouvelle forme“. Pas besoin de reconnaître la forme du skate, car avec le côté incurvé et les trous des vis, on arrive à imaginer le skate.

Un truc que j’ai découvert et qui est super marrant c’est que quand je les colle ensemble, le skate étant incurvé ça crée naturellement un volume d’amphore !

Les amphores racontaient des scènes de vie de l’époque, dans tes représentations on y voit  Manramp ou encore Notorious B. Pourquoi ces choix ? Ce sont des sources d’inspiration au quotidien pour toi ?

Un petit peu des deux. Typiquement Manramp, ça fait partie de ce que j’ai envie de faire sur le long terme. Rendre hommage au skate, ça fait un petit moment que je regarde ce qui se fait dans le graphisme de skate en ayant monté TheDailyhttps://www.thedailyboard.co/fr/Board. Je trouvais ça important de ramener ça sur la culture skate en général. C’est comme ça que j’ai commencé à faire des gladiateurs du skate, des Manramp.

C’est hyper important pour moi de le raccrocher d’une certaine manière à la skate culture.

D’ailleurs tu parlais de la board Notorious B en version romaine, ça c’était un peu différent. L’idée était de rendre hommage à la culture Hip Hop du lieu de ma première exposition sur Lyon. Akapico, une pizzeria qui fait des pizzas en forme de skate (https://akapico.com/thecrew.html) m’a commandé un mural qui a amené à une exposition. Le client a vécu quelques années à New York et est très inspiré par la culture Hip hop. Du coup, j’ai fait les 3 portraits de chanteur Hip Hop vraiment plus par opportunité et pour la thématique mais toujours en le ramenant bien à mon univers romain.

https://www.instagram.com/akapico_/

Chaque œuvre à sa petite histoire, on sent d’ailleurs que tu t’es beaucoup amusé là- dessus. Ton alter ego a bien bossé ! La communication est aux petits oignons !

 La réalisation des planches n’est pas toujours faite de la même manière. Forme de l’amphore, skate coupé, bouclier et même tapis ( j’adore ! ) Sur l’amphore Alis Boulalus, tu as utilisé une technique un peu différente. Tu peux nous en dire plus ? 

Ce qui est aussi intéressant sur celle- là, c’est que cette légende du skate qu’est Ali Boulala est aux antipodes de l’athlète et encore plus loin des JO. Je ne sais pas si c’est intentionnel, mais, est ce que tu voulais faire passer un message derrière ?

Ce qui était marrant c’est que j’avais commencé à faire une première illustration sur le lancer de disque et finalement je suis parti sur un lancer de skate, genre madness. Au début j’avais qu’une seule illustration là dessus. Je me suis dit que ça serait cool de faire le mouvement sur un lancer de skate. Ali Boulala ça lui arrivait de faire des madness, c’était pas le roi comme d’autres mecs comme Anthony Van Engelen

Je trouvais marrant de faire lancer des boards à moitié tout nus à Ali boulala vu qu’il est assez déjanté, ça  “matché” bien ! 

Pour Ali Boulala, ça me faisait plaisir de le lier à ce personnage car c’est aussi une manière de faire un clin d’oeil à Lyon, où il a vécu un petit moment. Il a d’ailleurs fait pas mal de trucs un peu fous ici !

Rapidement, pour ou contre ou rien à faire des JO ? 

Je suis hyper mitigé mais pas forcément dans le négatif. Je ne suis pas un gros puriste mais parler du skate au grand public normalement ça ne peut pas provoquer que du mal. Finalement les mecs comme nous qui aimons juste skater dans la rue et qui en ont un peu rien à foutre des compétitions, ça va pas nous changer grand chose. On pourra continuer à faire du bordel dans la rue !

Parlons conception, tout en gardant un peu de magie derrière tout ça. Tu as pris des planches déjà utilisées, tu devais en avoir un paquet. Tu as dû faire une collecte auprès de potes ou des shops ?

En fait, il y a une grosse partie où c’est des boards que j’avais mises de côté ou données par des potes. En fait ce qui est assez marrant c’est que j’ai un ami qui fait un projet qui s’appelle spot waste. Il fait des boombox

https://www.instagram.com/spotwaste/

 des sculptures, plein de choses comme ça autour de planches de skate cassées. Et à un moment donné, il a dû changer de local, il avait un stock de malade qu’il récupérait dans les skateshops. Finalement il m’a dit tout ça je vais pas m’en servir et il m’a littéralement rempli ma voiture de boards ! J’ai donc un stock qui va me permettre de produire pendant un petit moment 🙂

Du coup ça veut dire qu’il y aura surement une nouvelle expo d’ici un an ou deux ?

Bien plus tôt que ça même ! Je suis vraiment déter ! Il y a une opportunité dans une galerie qui devrait se faire autour de mai à Paris. Ça sera plutôt en mode collaboration avec deux autres artistes qui eux aussi partiront sur le sujet de la board pétée et chacun y mettra son univers. On a déjà découpé les formes donc on est vraiment chaud !

D’ailleurs, tu n’as pas eu de mal à faire la cuisson pour la planche en argile ? Tu en as fait combien pour arriver au bon résultat ? 

J’ai un peu triché en fait, dans l’exposition à Paris il y en a pas mal. J’ai testé le truc un peu par hasard, j’ai pris de l’argile auto cuisante, finalement c’est un peu comme de la pâte à modeler. Ma toute première c’était la Manrampe, je me suis  dit, tiens je vais la recouvrir et je vais attendre que ça sèche… j’ai laissé reposer et ça a complètement craquelé. J’avoue que j’étais un peu dégouté, je savais pas comment faire. J’ai testé des techniques pour reboucher. J’ai pas mal galéré, je suis pas encore tout à fait au point sur la technique. Il faut que ça craquelle une ou deux fois avant de bien reboucher comme il faut pour avoir un rendu lisse et propre. Il faudrait que j’essaye de trouver un endroit un peu différent pour les faire sécher, peut être un peu plus chaud que dans l’atelier ou carrément faire de la vraie cuisson mais j’ai un peu peur de la réaction entre le bois et l’argile hahaha

Spoiler alerte, la prochaine technique sera de la mosaïque, j’ai envie d’explorer un peu tout ce qui peut être de la thématique Romaine. Il y aura de nouvelles techniques c’est sûr dans les prochaines expositions !  

Quelles sont les prochaines dates ? Une exposition à Darwin ? 

Yes Bordeaux j’aimerais bien, j’ai déjà bossé avec eux en plus sur
Inking Board ça serait top. Mais je pense que je vais d’abord en faire une solo sur Lyon

https://www.thedailyboard.co/fr/autre/inking-board-002-%c2%b7-la-resonance-a-bordeaux/

Les petits infos en plus :

202 boards transformées (mais il faut noter que la grosse sculpture Tritéo en a nécessité environ 150)

– 400ml de peinture acrylique noir

– au moins 200 heures de travail. 

Vous pouvez suivre ces aventures sur son site TheDailyBoard ou sur son instagram !

https://www.thedailyboard.co/fr/

Vous avez compris Romain est un passionné et on va continuer à entendre parler de lui ! Bien sur on sera la pour tout vous raconter 🙂

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